Il y a des soirs où je relis des messages que je n’envoie plus à personne. Pas par habitude. Juste pour me souvenir de ce que ça faisait, d’avoir quelqu’un qui attendait mes mots.
Je m’appelle Cerise. Je vis à Sartène depuis deux ans, et je crois que c’est cette ville qui m’a appris le silence. Avant, j’étais Argentine, vraiment Argentine, je veux dire par là que je vivais fort, je parlais fort, je respirais fort. Buenos Aires ne dort jamais. Moi, j’ai fini par m’arrêter.
Je ne cherche pas à rencontrer une femme, ni une histoire romantique avec un homme qui m’offrirait des fleurs. Ce que je cherche c’est plus simple et plus honnête que ça. Une voix. Des mots. Un homme qui sait comment parler à une femme quand il est tard et que les deux ont envie de quelque chose de chaud.
J’ai 31 ans, je suis blonde, ronde comme les femmes de chez moi savent l’être, et j’ai encore en moi toute cette chaleur latine que personne ici ne prend le temps de chercher vraiment. Ce n’est pas un reproche. C’est juste une constatation un peu triste.
Ce qui me manque c’est ça, un dialogue de cul sans mensonge autour. Quelqu’un qui me parle sans me promettre quoi que ce soit, qui écrit comme il penserait à voix haute dans le noir. Je n’ai pas de conditions particulières. J’ai juste cette mélancolie un peu douce qui me pousse ce soir à écrire ici plutôt que de relire encore des fantômes dans mon téléphone.
Si tu sais faire ça, écrire vrai, écrire chaud, je suis là.
Voir aussi :
Josselyne, 44 ans, rencontre sexe à Sartène : pas un lit mais une voiture, l’échange des rôles
Debout comme la tour génoise de Sartène : femme seule de 37 ans, impossible à ignorer
Place della Rocca, en attendant le bus : plan cul à Sartene sans engagement