Ce soir-là, j’avais ouvert une bouteille de Sancerre pour moi seule. La musique tournait dans le salon, quelque chose de lent, de peau, ce genre de son qui vous colle aux hanches sans demander la permission. Et j’ai pensé à cette envie que je traine depuis des mois, cette image précise qui revient : une danse privée, à trois.
Pas un fantasme vague. Une scène. Un homme qui me regarde danser avec une autre femme, qui s’approche, qui prend sa place dans ce mouvement-là. Quelque chose de fluide, d’accordé, où les rôles ne sont pas fixés d’avance. Je suis femme seule cherche compagnie, oui, mais pas n’importe laquelle. Je cherche un duo. Un homme et une femme qui se connaissent déjà, qui ont cette complicité entre eux, ce langage à deux qu’on devine sans qu’ils aient besoin de parler.
Je vis à Montpellier, dans un appartement qui a de la hauteur sous plafond et des volets qu’on ferme quand on en a envie. J’ai 47 ans, des cheveux blonds coupés au carré, une silhouette ordinaire que je porte sans honte. Je suis ce qu’on appelle une femme installée, avec une vie rangée en façade et une curiosité intacte derrière. Je bois du bon vin, je connais mes envies, et j’ai arrêté depuis longtemps de faire semblant de ne pas en avoir.
Ce que je propose, c’est une soirée construite. Pas une rencontre expédiée. On se parle avant, on s’assure que le courant existe, et si c’est le cas, je mets la musique, je sors les verres, et on laisse la nuit faire ce qu’elle sait faire. La danse d’abord, le reste après, ou en même temps, selon où nos corps nous emmènent.
Je réponds aux messages qui racontent quelque chose. Pas aux lignes vides.
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